Dans le récit proustien, la propension à dédaigner son inférieur ruisselle de caste en caste. Qu’on soit marquis, bourgeois ou domestique, il y a toujours quelqu’un à snober. Ou susceptible de vous snober.
« Il y a chez Proust une dimension sociale qui m’est insupportable. La façon dont il parle de FrançoiseIl y a des phrases terribles où il compare sa façon de regarder le monde à celle d’un chien. Une sorte de vie inférieure. Il y a là quelque chose de profondément douloureux pour moi car, pour moi, profondément, Françoise, c’est tous mes ascendants.
. L’écrivaine voit dans cette métaphore une forme de mépris bourgeois à l’égard des siens . On ne peut que respecter ses réserves. On peut aussi remettre en question sa lecture. Car chez Proust, lecteur attentif de La Bruyère et de Labiche, peintre de l’aristocratie, de la bourgeoisie, de la domesticité et de quelques garçons bouchers, aucune classe n’a le monopole du mépris.
Le mépris social est un mépris topologique, un mépris de position : je subis non seulement le mépris de la classe qui surplombe la mienne, mais, à l’intérieur d’une même classe, caste,